26 février 2011

Les chants diaboliques


Le titre et l’image incendiaire de la couverture du livre ont tout de suite attiré mon regard. Le sous-titre m’a incité à le feuilleter : Le fantastique et l’inquiétante étrangeté à l’opéra. Puis la lecture du Sommaire m’a conduit à l’emprunter.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, si l’on peut ainsi s’exprimer, les auteurs décrivent la notion d’inquiétante étrangeté en fonction de la psychanalyse. À cet égard, ce passage de l’Introduction mérite d’être cité :

Le sentiment d’inquiétante étrangeté surgit inopinément lorsqu’une situation apparemment ordinaire et rassurante bascule soudain dans l’étrange et le bizarre, comme si elle était régie par une puissance inconnue et souterraine venant bousculer le cours normal des choses. […] Pour survenir, elle réclame des situations ambigües et des personnages à la fois humains et différents des humains tels les démons, les sorcières, les fées ou les vampires, pour ne citer que les plus célèbres.

Les auteurs complètent leur Introduction en évoquant des œuvres littéraires et musicales fantastiques (musique instrumentale, poème symphonique, ballade, ballet).

Les différents chapitres de l’ouvrage sont consacrés aux célèbres personnages fantastiques de l’opéra. Ceux-ci sont regroupés par types : diable, personnages diaboliques, fées et sorcières, vampires et morts vivants, personnages ambigus et inquiétants, fantômes, rêves. La consultation du Sommaire rend bien compte de cette répartition des personnages étudiés.

L’ouvrage est complété par une bibliographie.

J’ai particulièrement apprécié l’introduction générale du livre, les introductions de chaque chapitre, et les études consacrées à Faust et à sa légende : La damnation de Faust (Berlioz), Faust (Gounod), Mefistofele (Boïto), Doktor Faust (Busoni), Il Doktor Faustus (Manzoni), Le maître et Marguerite (Höller), Historia von D. Johann Fausten (Schnittke), Doctor atomic (Adams), Faustus, the last night (Dusapin), Faust (Fenelon). J’ai bien apprécié également les études sur La Dame blanche (Boieldieu) et Le Vaisseau fantôme (Wagner).

Référence

Verdeau-Paillès, Jacqueline; Laxenaire, Michel. – Les chants diaboliques. Le fantastique et l’inquiétante étrangeté à l’opéra. – Préface de Gabriel Bacquier. – Courlay (France) : Fuzeau, 2010. – xvi, 346 - p. – (Musique) – ISBN 978-2-8416-9190-6. – Cote BAnQ : 782.10269 V483c 2010. – [Citation, p. 3 et 4] – [Sommaire].

Les enregistrements des opéras présentés dans l’ouvrage peuvent être empruntés à la Grande Bibliothèque. Ils sont rangés dans la Collection universelle de prêt et de référence, au 4e étage.

Les abonnés à BAnQ peuvent aussi écouter à distance ces opéras par l’intermédiaire de la Discothèque Naxos, une base de données accessible depuis le portail de BAnQ (Ressources en ligne).

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Le Vaisseau fantôme (Flying Dutchman Phantom) (George Grie, 2006) (Wikipédia)

Sur la Toile

Association de musicothérapie du Canada (AMC)
Association pour la recherche, l'enseignement et les applications de la musicothérapie (AREAM) (Belgique)
Centre international de musicothérapie (CIM)
Institut français d’analyse de groupe et de psychodrame (IFAGP)

Articles connexes

La légende de la Dame Blanche
La tétralogie de Richard Wagner
L’opéra Tannhäuser de Wagner
Tristan et Isolde / Richard Wagner
Parsifal de Richard Wagner
Le lied romantique

23 février 2011

Les fibres textiles


La revue Quatre-Temps contient un dossier fort intéressant, sous le titre évocateur Plantes-à-porter.

Le premier article présente une classification générale des textiles : naturels (fibres végétales, animales et minérales); artificiels (fibres cellulosiques, protéiques et minérales); synthétiques (fibres polyamides, polyesters, acryliques et polyuréthanes).

Cet article liminaire est complété par le rappel de Contes et légendes des mille et un fils : Thésée et le Minotaure, Pénélope et Ulysse, la Belle au bois dormant et la fée Carabosse, Arachné et Athéna, Frigg et Odin. Comme l’ensemble des articles du dossier, celui-ci est bien illustré.

Les articles suivants sont aussi captivants et variés :

- La soie de soya (Matthieu Burgard)
- Les plantes textiles au Jardin botanique de Montréal (Delphine Vandyke)
- Histoire des textiles végétaux (Jean-François Venne)
- La culture du chanvre au Québec (Sophie Grenier-Héroux)
- L’industrie textile à Valleyfield (Émile Dubreuil et Frelon)

Des articles courts complètent le dossier :

- Les fibres artificielles et synthétiques
- Les textiles écologiques
- Le Musée du costume et du textile du Québec
- Deux écoles des métiers d’art à Montréal
- La cellulose, source d’inspiration
- Des œuvres d’art végétales

Une fois de plus la revue des Amis du Jardin botanique de Montréal nous propose un dossier instructif et divertissant. Bravo à toute l’équipe de bénévoles qui nous présente numéro après numéro une telle documentation!

Référence

« Plante-à-porter ». – Quatre-Temps. – Vol. 34, n° 4 (2010). – ISSN 0820-5515. – P. 13-41. – [Cette publication est disponible à la Grande Bibliothèque, au niveau 2].

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La filature de coton (Salaberry-de-Valleyfield) – Le Monde illustré, vol. 7, n° 342, photo p. 469 accompagnée d'un texte p. 464 (22 novembre 1890). – Collection numérique de BAnQ (Revues d’un autre siècle)

Sur la Toile

Les Amis du Jardin botanique de Montréal (AJBM)

Article connexe

La révolution textile

20 février 2011

Petit traité des étoiles


L’astrophysique est l’espace de la connaissance pure où s’épanouissent la curiosité et l’imagination, l’esprit poétique et mathématique, l’observation et la réflexion. Bref une activité poétique, parfaitement inutile.

C’est ainsi qu’Erik Sablé débute son opuscule sur les étoiles. Et c’est dans cet esprit qu’il nous convie à parcourir son récit poético-philosophique.

Les différents sentiers de son fascinant jardin des étoiles peuvent être ainsi regroupés et dénommés :

- une rétrospective historique : Une très ancienne fascination; La Bible, le Coran et les étoiles; De l’eau et des trous dans le ciel; Pierres chaudes et Lune froide; L’harmonie des sphères; Une musique venue de l’espace; Le nom des étoiles

- les météorites et les comètes : Les météorites; Des signes dans le ciel; Des pierres sacrées; La pierre de Baal; Le Graal; Les comètes

- le Soleil et l’Univers : Les éclipses; La Terre tourne autour du Soleil; L’âge de l’Univers

- les étoiles : La Voie lactée; Naissance d’étoiles; La vie des étoiles; La mort des étoiles; Le destin des étoiles massives; Les supernovae; Les pulsars; Une découverte fortuite

- les galaxies et le cosmos : Les galaxies; Racisme galactique; Poupées russes

- la cosmologie : Cosmologie indienne; La relativité générale; Les trous noirs; Le big bang et la religion; Les preuves du big bang : Intolérance; L’expansion du cosmos; La forme du cosmos; Le grand mystère; Qui détient la sagesse?

Les repères bibliographiques insérés en fin d’ouvrage ont trait à des livres de méditation.

J’ai bien aimé la lecture de ce livre à connotation scientifique. Un livre tout simplement enchanteur sur les merveilles de l’Univers et leur appréhension par les humains à travers le temps et l’espace.

Référence

Sablé, Erik. – Petit traité des étoiles. – Paris : Fayard, 2010. – 144 p. – (Mille et une nuits). – ISBN 978-2-75550-571-9. – Cote BAnQ : 523.1 S117p 2010 – [Citation : p. 7].

Image

Cette magnifique carte céleste du cartographe hollandais Frederik de Wit (1630-1698) est reproduite à la fin du Petit traité des étoiles d’Erik Sablé. Outre les cartes des constellations des hémisphères septentrional et méridional, on y trouve des illustrations des systèmes de Ptolémée, Copernic et Tycho Brahé, des schémas sur le phénomène des marées, sur les phases d’ensoleillement de la Lune et sur la rotation de la Terre autour du Soleil. Plusieurs autres planisphères célestes sont reproduits dans l’ouvrage.

Sur la Toile

À découvrir dans le ciel (Article connexe et liens astronomiques)
Astronomie et espace (Répertoire de sites)

16 février 2011

La contre-culture au Québec


Comme les autres sociétés occidentales, le Québec a vécu un mouvement de contre-culture au cours des années 1960 et 1970.

Dans le cadre de la série Ateliers d'écrivains, la Collection nationale de BAnQ présente une exposition dédiée à ces années tourmentées : Contre-culture : manifestes et manifestations.

Une présentation générale de l’exposition nous introduit dans le contexte historique et littéraire de la contre-culture, depuis son origine américaine dans les années 1950 jusqu’à ses répercussions au Québec dans les années ultérieures.

Le terme contre-culture fait aussi l’objet d’une explication détaillée, aussi bien pour sa connotation que pour ses deux grandes tendances : l’activisme politique et la libération intégrale de l’individu.

Les imprimés constituent l’essentiel des documents exposés, bien qu’on y trouve aussi des photos, des illustrations et deux films.

Chaque groupe de documents est présenté sous un thème particulier dans une ou plusieurs vitrines. Une notice bibliographique accompagne chacun de ces documents tirés des archives et des collections patrimoniales de BAnQ.

Une première série de vitrines est intitulée Écritures. La première vitrine est dédiée à la bande dessinée :

- Claude Haeffely (texte) et Marc Nadeau (dessins), Monsieur H contesté, 1969
- André Montpetit, Les grands problèmes de l’humanité, 1969
- André Philibert, Oror 1970 (celle qui en a marre tire)
- Henriette Valium, L’œil atomisant (sérigraphie), 1987, I was sick like a dog, 1995

La deuxième vitrine est dédiée principalement au poète Denis Vanier (1949-2000) :

- Antoine Désilets, Denis Vanier (photo)
- Raôul Duguay, Arbre généalogique de toulmonde (affichage mural), 1971, Lapokalipsô (plan du recueil)
- Louis Geoffroy, Un verre de bière mon minou, 1973
- Denis Vanier, Lesbiennes d’acid (affiche), 1972, Allo-police, 1972

La vitrine 3 est intitulée Métagraphie et détournement. On y trouve plusieurs documents de Patrick Straram (1934-1988) :

- Photos de cet auteur dont une dans son bureau, par Bruno Morriset, et une autre en compagnie de Lucien Francoeur
- Patrick Straram, Irish coffees au non name bar & vin rouge valley of the moon (carnet de notes)
- Patrick Straram, Irish coffees au non name bar & vin rouge valley of the moon – Graffiti / Folk-rocks, 1972
- Patrick Straram, «Ville 4» 4X4\4X4, Montréal, 1974

Les vitrines 4, 5 et 6 sont notamment dédiées à des auteures, dont Josée Yvon (1950-1994) :

- Louise Beauchenes, Double d’eau, 1974
- Claude Beausoleil, Mao bar salon : des textes qui déplacent les montagnes (carton d’allumettes), 1978
- Yrénée Bélanger et Guy M. Pressault, Défense d’écrire, 1974, Des mêmes auteurs, 1974
- Jean-Marie Desgent, Scrap book : d’la chick à nick, 1974
- Lucien Francoeur, Je me chante des chansons mystiques, 1976
- Pauline Harvey, Ta dac tylo va tapper, 1978
- André Lamoureux, Patrick Straram (deux photos), 1982
- Jean Leduc, «The Vision pourri…», Q, 1974
- Josée Yvon, Civilisation de la terreur, 1976, La chienne de l’hôtel Tropicana, 1977
- Roger Soubière, L’anti-can, 1969
- Patrick Straram, Blues clair – Tea for one / No more tea, 1983
- Denis Vanier, Indicible parmi le désir… et Il n’est plus question de naître sur la paille, 1974, Rejet de prince, 1983
- Yolande Villemaire, Terre de mue, 1978
- Cul Q – Let’s have a textE, 1975

Le deuxième volet de l’exposition s’intitule La contre-culture en revues. Sept vitrines présentent des artéfacts d’un grand nombre de revues dont l’existence fut plus ou moins éphémère :

- Sexus, 1967-1968, et Allez chier, 1969 (Yvan Mornard)
- Logos (1967-1973)
- Le voyage, 1968 (photos de Guy Kozak et Pierre Monat)
- The Local Rag, 1969
- La claque, 1970,
- Le village, 1970
- Mainmise, 1970-1978 (plusieurs artefacts, dont une affiche de l’équipe en 1971; Gilles Hughes, Yvonne de Maujincourt, Carl Wittman)
- Ars, 1971 (Claude Haeffely, Noël Cormier)
- The Last Post, 1971 (Nick Auf der Maur)
- Presqu’Amérique, 1971
- Hobo-Québec, 1973 (Nicole Brossard, Paul Chamberland, François Charron, Patrick Straram, Yolande Villemaire, Josée Yvon)
- Cul Q,1973-1976 (Jean Leduc, Claude Beausoleil, Yolande Villemaire)

Deux films de l’Office national du film sont projetés dans la zone centrale de l’exposition :

- La nuit de la poésie, ONF, 1970, 111 min 18 s (réalisation : Jean-Claude Labrecque et Jean-Pierre Masse)
- Ô ou L’invisible enfant, ONF, 1972, 66 min 37 s (réalisation et scénario : Raôul Duguay)

Le dernière partie de l’exposition s’intitule Manifestations, interventions. On y trouve des photos, des pochettes d’albums et deux grandes affiches :

- Photos de Daniel Kieffer, 27 03 1970 : Nuit de la poésie – L’infonie; Nuit de la poésie – L’infonie – Raôul Dugay; Nuit de la poésie – L’infonie – Walter Boudreau

- Photos de Ronald Labelle, 31 07 au 02 08 1970 : Festival pop de Manseau

- Pochettes d’albums 78 tours : Onde de choc, 1968 (Robert Charlebois et Louise Forestier); Le quatuor de jazz libre du Québec, 1969; Hymne à touttt, 10 02 1970 (Arlette EtteirA pour L’infonie); Mantra – L’infonie – Vol. 33, 1971; Aut’chose, 1974

- Grandes affiches : Pélo Péloquin, 1974; Théâtre USA : The Performance Group… The Living Theatre… The Open Theatre…, 197? (Clément Simard, Couthuran)

L'expostion est présentée du 8 février 2011 au 29 janvier 2012.

Commissaire

Mariloue Sainte-Marie, agente de recherche, Direction de la recherche et de l'édition, BAnQ

Image

Notice

Raôul Duguay et l’Infonie à la Nuit de la poésie (Montréal)
Photographe : Daniel Kieffer, 27 mars 1970
Collections de Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Fonds Daniel Kieffer, Montréal
P688, S2

Crédit

Julie Derouin
Agente culturelle - expositions
Direction de la programmation culturelle
Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Dossier

Le numéro courant de la revue À rayons ouverts présente un Dossier sur la contre-culture au Québec (n° 86, printemps-été 2011, ISSN 0835-8672, p. 3-34). Cette revue est publiée par BAnQ.

Sur la Toile

Contre-culture (Wikipédia)
Contre-culture : manifestes et manifestations (Communiqué) (BAnQ)
Mainmise (1970-1978) (Version numérique)
Mainmise (1970-1978) (Version numérique) (BAnQ)

12 février 2011

Les paysages de Turner (1775-1851)


J’ai toujours été fasciné par les peintures du célèbre peintre britannique. C’est donc avec joie que j’ai découvert une interprétation claire de l’œuvre de Joseph Mallord William Turner sous la plume de Frédéric Ogée :

Pour [Turner], chaque scène observée ou recréée, où qu’elle se situe dans le temps comme dans l’espace, devient un terrain d’expérimentation sans cesse renouvelée au service d’une meilleure connaissance de la nature. […] C’est la genèse de ce travail, au sein du contexte spécifique qui l’a porté, que le présent ouvrage se propose d’explorer.

L’introduction débute par la description minutieuse de trois peintures de Turner présentées à l’exposition de l’Académie royale des arts de Londres, en 1818 : Dort, ou Dordrecht, le navire en provenance de Rotterdam, encalmé; Le Château de Raby, résidence du comte de Darlington; Le Champ de bataille de Waterloo. Une entrée en matière qui saura captiver l’intérêt de tous les lecteurs.

Puis l’introduction aborde successivement l’avènement des Lumières en Angleterre au 17e siècle, l’émergence d’une école anglaise au 18e siècle, la création de l’Académie royale des arts (1768), le paysage et la peinture d’histoire, la naissance du pittoresque.

Frédéric Ogée divise son livre en trois chapitres :

- Émergences (1775-1802) : les débuts de Turner, depuis sa naissance jusqu’à son élection à l’Académie royale des arts;

- Les grandes traversées (1802-1830) : l’apogée de la carrière de peintre public de Turner, depuis son élection à l’Académie royale des arts jusqu’au décès de son père;

- De la peinture (1830-1851) : les ultimes expérimentations artistiques de Turner au cours des vingt dernières années de sa vie dans le contexte de l’époque victorienne.

Ces chapitres sont illustrés de nombreuses peintures de Turner, plusieurs de ces reproductions étant commentées.

L’ouvrage, encyclopédique par sa narration sur la vie artistique et les reproductions des paysages de Turner, est complété par un index des noms et des œuvres, une bibliographie et les crédits photographiques. Par ailleurs, les remerciements inscrits en début d’ouvrage contiennent un éloge dithyrambique envers Michel Baridon, spécialiste de l’histoire du paysage.

Un livre superbe!

Référence

Ogée, Frédéric. – Turner : les paysages absolus. – Paris : Hazan, 2010. – 400 p. – ISBN 978-2-7541- 0371-8. – Cote BAnQ : 759.2 T9486o 2010. – [Citation : Avant-propos, p. 11].

Image

Le Château de Raby (Joseph Mallord William Turner, 1818)
(Wikimedia)

Sur la Toile

Joseph Mallord William Turner (Biographie, bibliographie, reproductions de peintures et répertoire de sites) (Wikipédia)
Joseph Mallord William Turner (The National Gallery)
Turner Collection (Tate Online)

08 février 2011

La route de la soie


Le Musée d’archéologie et d’anthropologie de l’Université de Pennsylvanie présente une exposition sur les secrets de la route de la soie du 5 février au 5 juin 2011.

J’ai pris connaissance de cet événement exceptionnel en lisant un numéro spécial de la revue Expedition. Le dossier consacré à cette manifestation est constitué de quatre articles principaux :

- Histoire de la route de la soie (Daniel C. Waugh)
- Momies de l’Asie centrale orientale (Victor H. Mair)
- Commerce du textile (Angela Sheng)
- Langues dans le bassin du Tarim à l'âge de bronze (J.P. Mallory)

Plusieurs autres articles, plus courts, complètent le dossier. Tous ces articles sont magnifiquement illustrés.

Une lecture passionnante sur une région mystérieuse!

Référence

Secrets of the Silk Road. – Expedition. – Vol. 52, N° 3 (2010). – ISSN 0014-4738. – [Cette revue peut être consultée à la Grande Bibliothèque, dans la section des Revues, au niveau 2].

Image

Caravane sur la route de la soie (Cresques Abraham, Atlas catalan, 1380) (Wikipédia)

Article connexe

Les momies du Takla-Makan

04 février 2011

Photographes français du 19e siècle


Ce portrait célèbre de Charles Baudelaire (1821-1867) a été pris par le photographe Étienne Carjat : Baudelaire, pourtant difficile, le félicite dans une lettre de 1863 pour le portrait qu’il a fait de lui (« J’ai rarement vu quelque chose d’aussi bien »). Cette photographie met l’accent sur le regard sombre et perçant du poète, laissant floue une partie du vêtement.

Cette image fait partie de l’exposition Photographes français du 19e siècle présentée au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 20 mars 2011. Entrée libre. Les photos exposées ont été sélectionnées parmi les œuvres de la collection permanente du Musée des beaux-arts du Canada.

Outre le portrait de Baudelaire (Étienne Carjat , photoglyptie, v.1863), j’ai apprécié particulièrement les œuvres suivantes : Cour du palais des Doges (Jean Walther, papier salé, av.1851), Vue de Sèvres (Henri-Victor Regnault, papier salé, av. 1853), Amiens (Édouard Baldus, papier salé, v.1855), Auberge de l’Étoile (Louis-Désiré Blanquart-Évrard, papier salé, av. 1855), George Sand (Gaspard-Félix Nadar, photoglyptie, 1864).

Après avoir visité les deux salles de l’exposition, j’ai regroupé les photographes français en vedette selon les techniques utilisées :

Albumine argentique | Jules Andrieu 1816-ap. 1876 | Eugène Atget 1857-1927 | Hippolyte Bayard 1801-1887 | Louis-Auguste Bisson 1814-1876 | Auguste-Rosalie Bisson 1826-1900 | Félix Bonfils 1831-1885 | Louis-Alphonse Davanne 1824-1912 | Louis-Émile Durandelle 1839-1917 | Jean-Charles Langlois 1789-1870 | Gustave Le Gray 1820-1882 | Léon-Eugène Méhédin 1828-1905 | Louis-Rémy Robert 1810-1882 | Gilbert-Alexandre de Severac 1834-1897

Daguerréotype | Depaulis actif dans les années 1840 | Adolphe Lamaille actif dans les années 1840 | Félix-Jacques-Antoine Moulin 1802-1875

Gélatine argentique | Eugène Atget 1857-1927

Oléotype | Robert Demachy 1859-1936

Papier salé | Édouard Baldus 1813-1889 | Louis-Désiré Blanquart -Évrard 1802-1872 | Alphonse Bon Le Blondel 1814-1875 | Félix Bonfils 1831-1885 | Eugène Cuvelier 1837-1900 | Auguste Galzmann 1824-1872 | John Beasly Greene (USA) 1832-1856 | Charles Hugo 1826-1871 | Henri Le Secq 1818-1882 | Frédéric Martens 1809-1895 | Charles Marville 1816-1879 | Auguste Mestral 1812-1884 | Charles Nègre 1820-1880 | Henri-Victor Regnault 1810-1878 | Louis-Rémy Robert 1810-1882 | Joseph Vigier 1821-1894 | Jean Walther 1806-1866

Photoglyptie | Étienne Carjat 1828-1906 | Jules-César Robuchon 1840-1922 | Gaspard-Félix Nadar 1820-1910

Photolithographie | Henri Le Secq 1818-1882 | Pierre Thémaux 1818-1895

Références

Borcoman, James. – Photographies françaises du XIXe siècle. – Ottawa : Musée des beaux-arts du Canada, 2010. – ISBN 0-8888-4874-9. – Cote BAnQ : à venir.

Breuille, Jean-Philippe et al. – Dictionnaire de la photo. – Nouvelle édition. – Paris : Larousse, 1996. – 766 p. – (Larousse in extenso). – ISBN 2-0375-0014-9. – Cote BAnQ : 770.3 D554dj 1996. – [Citation : Carjat, Ch. B., p. 121].

Image

Charles Baudelaire (Étienne Carjat, 1863) (Wikipédia)

Sur la Toile

Photographies françaises du XIXe siècle du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC)
Photographies françaises du XIXe siècle du Musée des beaux-arts du Canada (Catalogue)
Photographies françaises du XIXe siècle du Musée des beaux-arts du Canada (MBAM)

Photographie (Répertoire de sites) (Formatic 2000)

01 février 2011

Trajets | Mobilité et transformation


Le texte de présentation de l’exposition Trajets au Centre canadien d’architecture (CCA) m’a intrigué. En particulier, j’étais curieux de voir comment l’exposition traitait de l’impact des mouvements sur l’environnement. J’ai été enchanté par ma visite.

Le parcours de l’exposition contient quinze trajets illustrant autant de facettes différentes et interreliées sur l’impact des migrations sur l’environnement physique.

Chaque partie de l’exposition contient une présentation du thème retenu et des artefacts reliés au sujet abordé. Un récit inséré dans le catalogue de l’exposition accompagne aussi chaque thème.

Régulation

L’Union européenne a réglementé en 1988 et 2009 la forme et la taille des concombres. Les consommateurs se voient donc imposer une standardisation dans leur alimentation. Des exemplaires en 22 langues de cette règlementation étonnante sont disposés sur un présentoir.

Orientation

Les Inuits étudient notamment la neige, le vent et les étoiles pour s’orienter. Des cartes produites par Claudia Aporta (2008) sont affichées : les toponymes sont en inuktitut.

Caractérisation

Les bungalows ont des origines anglo-indiennes remontant au 17e siècle. Une série de définitions du terme, de 1855 à 1986, illustre l’étymologie du mot à travers les époques et les lieux. Un grand nombre de photos, de livres et de plans sont aussi exposés.

Alternance

Un grand nombre de Sénégalais vont travailler en Italie pour une période de 3 ou 5 ans. À leur retour, ils s’inspirent de l’architecture italienne pour construire leurs bâtiments. Des photos d’Ian Chodikoff (2003-2005) servent de témoin à ce phénomène d’emprunt.

Transfert

Des colons japonais originaires d’Okinawa se sont établis en Bolivie après 1952. Ils ont implanté de nouvelles techniques agricoles qui ont favorisé une meilleure production et même l’exportation de produits agricoles. Les visiteurs peuvent observer des outils japonais (v.1950) et des manuels japonais sur l’agriculture (1876, 1878). Des photos plus récentes (1957-1963) prises par des colons japonais sont aussi exposées.

Traduction

Le quartier Bijlmermeer d’Amsterdam a été transformé par les immigrants du Surinam à partir de 1975. Les adaptations qu’ils ont introduites ont rendu caduques les visées de la planification initiale. Ce phénomène symbolise l’échec de l’urbanisme. Un grand nombre d’artefacts sont exposés dans cette zone : maquette 1 :25 000, plans, livres, photos, articles de journaux.

Structuration

Faute de ressources, environ 30 000 pêcheurs terre-neuviens localisés dans près de 300 villages différents ont été amenés à déménager entre 1954 et 1975. Plusieurs ont alors transporté leurs maisons par bateau pour éviter les prix exorbitants des maisons vendues dans leur nouvelle localité (Arnold’s Cove, par exemple). Les témoignages sur cette migration sont nombreux et diversifiés : photos, maquette, plan, film, documents officiels.

Ajustement

C’est une des parties les plus intéressantes de l’exposition. On y présente l’histoire de la Casbah de Mazara del Vallo (Sicile), depuis son peuplement arabe en 827 jusqu’au tremblement de terre de 1981, en passant par l’immigration de Tunisiens au milieu du siècle dernier. Une maquette 1 :100, des photos et des plans illustrent la transformation du centre historique du village.

Ubiquité

Plusieurs plans démontrent les divers rôles joués par les cafés Internet (taxiphones) dans une grande variété de bâtiments plus ou moins considérables.

Provenance

De 1816 à 1847, environ 17 000 Noirs émancipés vont aller s’établir au Liberia. Leurs demeures rappelleront celles qu’ils avaient connues dans le sud des États-Unis d’Amérique. Des photos de Max Belcher (1977-1978) exemplifient ce phénomène.

Réinvention

Lors de la canalisation de la voie maritime du Saint-Laurent, plusieurs villages ont été inondés. C’est dans ce contexte qu’est né le projet moderniste de Wells Coates, en 1952, pour le transfert de la ville d’Iroquois. Des cartes et des articles de journaux permettent de saisir l’ampleur du projet qui n’a finalement pas été réalisé.

Convergence

C’est la seconde zone de l’exposition qui m’a le plus intéressé. On y présente la reconstruction de la ville de Brazzaville par les Chinois après les guerres civiles de 1992 et 1997. Un superbe film explique la problématique de la République du Congo : Drapeau rouge sur continent noir (2008, extrait de 20 min).

Valeur

Les ibis sacrés ont joué un rôle majeur dans l’Égypte ancienne. Un certain nombre de ces oiseaux ont été importés dans un parc français à la fin des années 1970. Compte tenu de leur nuisance, leur extermination a été autorisée en 2008. Des artefacts particuliers sont exposés : œufs de sternes, livres (1805, 1809), bronze d’ibis sacré (332-30 av. J.-C.), ibis momifié (664-332 av. J.-C.), photos.

Compétence

Des maçons et des tailleurs de pierre italiens se sont établis à Barre (Vermont) au cours de la période 1880-1910. Ils ont contribué au développement de l’industrie du granit en Nouvelle-Angleterre. On peut observer des outils (v.1900), des illustrations, des photos, des livres et des cartes postales de l’époque.

Dérive

Tout en étant instructif, c’est une des parties les plus amusantes de l’exposition. Elle porte sur les noix de coco qui peuvent flotter une centaine de jours sur l’eau et germer ensuite dans une terre appropriée. Des planches magnifiques de Carl Friedrich Philipp von Martius (1794-1868) et de Franz Eugen Köhler (1883-1914), ainsi qu’un dessin de Matthew Fellows (2010), montrent le Cocos nucifera. Une carte sur l’origine du cocotier (Asie du Sud-Est) et une autre sur les courants marins autour de la Terre (1942) complètent l’exposition.

L’exposition se poursuit jusqu’au 13 mars 2011.

Image

Cocos nucifera (Franz Eugen Köhler, 1897) (Wikimedia)

Référence

Borasi, Giovanna, commissaire. - Trajets : comment la mobilité des fruits, des idées et des architectures recompose notre environnement. – Montréal : CCA, 2010. – 304 p. – ISBN 978-0-920785-89-8. – Cote BAnQ : à venir. – [Ce catalogue peut être consulté ou acheté à la boutique du CCA].

Sur la Toile

Trajets : comment la mobilité des fruits, des idées et des architectures recompose notre environnement (Présentation)

Trajets : comment la mobilité des fruits, des idées et des architectures recompose notre environnement (Communiqué)