27 août 2017

Le spectre électromagnétique


Les auteures Kimberly Arcand et Megan Watzke ont publié un livre exceptionnel intitulé Lumière, le spectre visible et au-delà. L’ouvrage compte dix parties: une introduction, sept chapitres portant respectivement sur chacune des sept formes de lumière, un épilogue et des compléments.

La mise en page dégagée, l’agencement, la concision et la clarté des exposés, ainsi que la richesse documentaire fournie par les innombrables illustrations, rendent captivante la lecture de ce livre.

Sur une double page, le sommaire est présenté sur une photo d’aurore boréale prise par des astronautes à bord de la Station spatiale internationale.

L’introduction fournit les clés indispensables pour comprendre le spectre électromagnétique constitué des sept types de lumière. Pour représenter les températures et les longueurs d’onde de ces types de lumière, les auteures recourent à la métaphore d’un thermomètre. Le tableau périodique des éléments est aussi expliqué, de même que certains termes: longueur d’onde, fréquence, amplitude, oscillation. Par ailleurs, des exemples d’observatoires utilisant chaque longueur d’onde figurent sur une image: NRAO, Planck, Spitzer, Hubble, SDO, Chandra et Fermi.

Après avoir pris connaissance de ces notions de base, le lecteur peut entreprendre la lecture des sept chapitres: ondes radio, micro-ondes, infrarouges, lumière visible, ultraviolet, rayons X et rayons gamma. Ces chapitres sont ainsi structurés:

- la page de titre: introduction; fiche d’identité (thermomètre, longueur d’onde, fréquence, énergie, atteinte de la surface de la Terre, instruments scientifiques, caractéristique de l’onde étudiée);

- la rubrique La lumière du jour: introduction; exposé subdivisé en plusieurs sections;

- la rubrique Plein feu sur un scientifique (Henrich Rudolf Hertz, James Clerk Maxwell, William Herschel, Isaac Newton, Johann Ritter, Marie Curie, Henri Becquerel, Paul Villard et Ernest Rutheford);

- la rubrique D’un bout à l’autre du spectre (La vitesse de la lumière, Les fuites de la lumière, La réflexion, La réfraction, La fluorescence, Les collisions atomiques, Les décharges électriques);

- la rubrique Aux quatre coins de l’Univers (découvertes et applications humaines).

Toutes ces rubriques sont abondamment illustrées. Les images sont souvent affichées sur une pleine page ou une double page. De plus, elles sont admirablement bien légendées.

L’épilogue est constitué de la même manière que les différents chapitres. Toutefois son contenu porte sur l’ensemble des types de lumières utilisés d’une façon concomitante. Les exemples cités portent notamment sur la peinture artistique. La rubrique D’un bout à l’autre du spectre traite du phénomène des ombres.

Plusieurs capsules thématiques sont réparties dans les différentes parties de l’ouvrage: Qu’est-ce qu’une année-lumière?, Longueur d’onde vs fréquence, La fausse couleur, le Seti et le signal Wow!, Les radars, Le four à micro-ondes, Du maser au laser, Partout, des planètes, Animaux et infrarouges, Le fonctionnement de nos yeux, La photosynthèse, L’aphakie, UV-A, UV-B et UV-C, La vision à rayons X de Superman, Les rayons X venus de l’espace, Les flashs de rayons gamma terrestres, Notre terre, en rayons gamma, Capturer la lumière dans les arts, Explorer l’infiniment petit.

Les compléments proposent des outils de repérage: remerciements (AIL2015 entre autres), glossaire, crédits photographiques et index.

Quel livre formidable!

Références

Arcand, Kimberly; Watzke, Megan. - Lumière, le spectre visible et au-delà. - Paris: Éditions Place des Victoires, 2016. - 208p. - ISBN 978-2-8099-1437-5. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 535.0222 A668L 2016.

Le lecteur désirant prolonger l’exploration des divers types de lumière pourra consulter les sites des observatoires présentés sous les rubriques Aux quatre coins de l’Univers. Outre celui de l’ESO (multilingue), signalons les sites suivants:

1° ondes radio > DSN - NRAO
2° micro-ondes > ALMA - Planck
3° infrarouges > Spitzer
4° lumière visible > Hubble
5° ultraviolets > GALEX - SDO
6° rayons X > Chandra - XMM-Newton
7° rayons gamma > CGRO - Fermi - MAGIC

Le prochain Jour international de la lumière se déroulera le 16 mai 2018.

Image

Soleil - Sun Primer: Why NASA Scientists Observe the Sun in Different Wavelengths (Présentation mise à jour le 4 août 2017).

This collage of solar images from NASA's Solar Dynamics Observatory (SDO) shows how observations of the sun in different wavelengths helps highlight different aspects of the sun's surface and atmosphere. - Credits: NASA/SDO/Goddard Space Flight Center.

Cette image composite figure sur la page couverture et sur la première page du livre Lumière, le spectre visible et au-delà. Elle est aussi reproduite et légendée dans l’introduction, à la page onze. Sa source est indiquée à la page 198: NASA / SDO.

Sur la Toile

Astronomie et espace (Formatic 2000)

Les ressources de ce répertoire sont ainsi regroupées: Actualités, Agences (portails, sites spécialisés), Associations, Atlas du ciel, Bases de données (images, catalogues), Dictionnaires, Gratuiciels, Instituts, Observatoires, Périodiques, Planétarium, Répertoires de sites, Système solaire, Ressources générales, Références.

18 août 2017

Théories et pratiques de la pédagogie


Cet ouvrage propose une introduction générale à l’histoire de la pédagogie occidentale et présente les principales conceptions qui ont marqué l’évolution des idées et des pratiques éducatives concernant l’enseignement, l’apprentissage, l’organisation de la classe, et ce, de l’Antiquité grecque à nos jours. (Clermont Gauthier et Maurice Tardif)

La pédagogie. Théories et pratiques de l’Antiquité à nos jours est un ouvrage collectif publié chez Gaëtan Morin éditeur. Comme les autres livres de cette maison d’édition, ce livre bénéficie d’une mise en page exemplaire.

Publié sous la direction des professeurs Clermont Gauthier (Université Laval) et Maurice Tardif (Université de Montréal), cet ouvrage didactique est destiné principalement aux futurs enseignants, mais aussi à toutes les personnes intéressées au domaine éducatif.

La partie initiale comprend la présentation des collaborateurs, l’avant-propos, les remerciements et la table des matières détaillée (six pages).

Le corps de l’ouvrage est divisé en trois parties:

1° les fondements historiques de la pédagogie: Grèce, Rome, Moyen Âge, Renaissance, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle;

2° les figures marquantes de la pédagogie au 20e siècle: Dewey, Montessori, Neill, Freinet, Rogers, Freire;

3° les grandes théories psychologiques et scientifiques de la pédagogie: béhaviorisme, constructivisme, cognitivisme, enseignement explicite, conclusion.

Chacune de ces trois parties débute par une introduction générale. Les chapitres qu’elles regroupent sont ainsi structurés: illustration, titre, auteur, objectifs d’apprentissage, introduction, exposé hiérarchisé (avec des notes infrapaginales), illustrations (image, tableau, figure), conclusion, résumé, questions et activités d’apprentissage. Les liens entre les divers chapitres et les trois parties sont rappelés d’une façon concise et judicieuse.

Le manuel est complété par une bibliographie, les sources iconographiques et un index.

La lecture de cette histoire de la pédagogie occidentale est passionnante. Les futur(e)s enseignant(e)s vont sans doute consulter ce livre comme un usuel pendant leur formation, puis comme un libre de référence tout au long de leur carrière.

Référence

Gauthier, Clermont; Tardi, Maurice; dir. - La pédagogie. Théories et pratiques de l’Antiquité à nos jours. - 4e éd. - Montréal: Gaëtan Morin éditeur, 2017. - xiv-298p. - ISBN 978-2-89632-120-9. - [Citation, p. V]. - BAnQ: 370.1 P3711 2017.

Image

Cette peinture du siècle d’or des Pays-Bas est reproduite sur la page couverture du livre:

Source / L’école du village (Jan Steen, 1670) (Wikipedia Commons)

Analyse / L'école de l'ironie (Une salle de classe par Jan Steen) (Jean-Christophe Pucek)

13 août 2017

Montréal, la cité des cités


Le présent ouvrage vise à montrer la diversité qui caractérise Montréal, diversité qui, au fil des ans, a eu un effet structurant en fait de morphologie urbaine, à l’échelle des quartiers, si bien que certaines collectivités ont développé une image et une indenté propres, assumées par leurs résidents, reconnues socialement et, souvent, affichées publiquement. Plusieurs de ces collectivités sont associées à des territoires aux limites reconnues et reçoivent de façon officielle ou officieuses des noms évocateurs de leur identité.


Sous la direction de Juan-Luis Klein et Richard Shearmur, les Presses de l’Université du Québec viennent de publier un recueil d’essais sur plusieurs quartiers typiques de la métropole.

Un avant-propos, la table des matières détaillée, les listes des figures, des tableaux, des sigles et des acronymes, et l’introduction précèdent les douze chapitres regroupés en trois parties:

I - Les villages urbains et l’empreinte culturelle > Plateau-Mont-Royal, Village gai, Quartier chinois, Parc-Extension

II - Les quartiers ouvriers en reconstruction > Quartiers du Sud-Ouest, Mile-End, Rosemont, Petite-Patrie

III - Les projets structurants et les nouveaux enjeux > Quartier des spectacles, Quartier international, Cité du multimédia, Saint-Michel.

L’introduction présente la diversité générale de la ville de Montréal, la construction des récits urbains selon les conceptions de différents spécialistes, la localisation des quartiers traités dans le livre, une rétrospective de l’évolution sociale et économique de la métropole (industrialisation, reconstructions de l’après-guerre, reconversion; la nouvelle économie, le tournant des années 2000), la structure et le contenu de l’ouvrage. Cette longue, instructive et captivante introduction est complétée par une conclusion et une bibliographie.

Les chapitres sont constitués d’une façon similaire: titre, auteur(s), introduction, développement (en plusieurs séquences hiérarchiques et chronologiques), conclusion, bibliographie. Plusieurs illustrations accompagnent les exposés des spécialistes, dont le plan et des photos du quartier étudié.

L’ouvrage est complété par un épilogue, une bibliographie et des notices biographiques sur les quinze contributeurs.


Référence

Klein, Juan-Luis; Shearmur, Richard; dir. - Montréal: la cité des cités. - Montréal: Presses de l'Université du Québec (PUQ), 2017. - xxi-273p. - ISBN 307.336209714 M8111 2017. - [Citations: Introduction, p. 1]. - BAnQ: 307.336209714 M8111 2017. [Version numérique].

Photos

Parc des locomotives, Résidence rue William-Tremblay, Parc J.-Arthur-Champagne / Site Angus (Rosemont) © Claude Trudel 2017

03 août 2017

La Princesse de Clèves


- Croyez-vous, Madame, lui dit Monsieur de Nemours, en se jetant à ses genoux, que je n’expire pas à vos pieds de joie et de transport?

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de Lafayette (1634-1693) est l’auteure anonyme de La Princesse de Clèves. Elle a fait publier cette nouvelle en 1678, chez Claude Barbin, à Paris.

Plusieurs éditions contemporaines sont offertes au lecteur désirant approfondir sa compréhension de La Princesse de Clèves. J’ai choisi celle des Éditions Flammarion pour sa richesse documentaire et sa mise en page dégagée.

La présentation de ce chef-d’œuvre, par Jean Mesnard, aborde plusieurs thèmes au cours de soixante-deux pages:

- la justification de l’analyse de l’œuvre
- le genre de l’œuvre
- la période choisie (1558-1559)
- la vie à la cour
- les tonalités des amours
- le climat poétique
- le charme de l’œuvre.

Cette présentation est précédée d’une entrevue de neuf pages avec l’écrivaine Marie Darrieussecq. Celle-ci explique pourquoi elle aime La Princesse de Clèves. La scène de l’aveu au pavillon de Coulommiers est au cœur de ses explications.

Le dossier de quarante-cinq pages, par Jérôme Lecompte, présente et contextualise La Princesse de Clèves sous cinq volets:

1° Le roman et ses personnages au XVIIe siècle
2° L’œuvre vue par des contemporains
3° Un roman de la mondanité
4° Le modèle du roman d’analyse
5° Les adaptations cinématographiques.

Soulignons en plus deux outils de repérage proposés au lecteur pour se familiariser avec les personnages et les événements contemporains de La Princesse de Clèves: la table des personnages comptant près de deux cents entrées (seize pages) et la chronologie couvrant la vie de Madame de Lafayette (cinq pages).

Dans sa présentation, Jean Mesnard propose d’intituler ainsi les quatre parties de La Princesse de Clèves: «les amours de Mme de Valentinois, les amours de Mme de Tournon, les amours d’Anne de Boulen – ou d’Henri VIII –, les amours du vidame de Chartres».

Fort de tous ces préparatifs, commençons la lecture ou relecture de la nouvelle: La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux...

Référence

Madame de Lafayette. - La Princesse de Clèves. - Présentation, note sur l’établissement du texte, appendices, glossaire, table des personnages, chronologie, biographie, par Jean Mesnard. - Dossier et complément bibliographique, par Jérôme Lecompte. - Entrevue intitulée «Marie Darrieussecq, pourquoi aimez-vous La Princesse de Clèves?» - Paris: Flammarion, 2009. - i-x, 7-362. - (GF, n° 1425). - ISBN 978-2- 0812-2917-4. - [Citations, p. 241, 45 et 77]. - Bibliothèques de Montréal: LAF.

Les Bibliothèques de Montréal et la Grande Bibliothèque (BAnQ) offrent plusieurs autres éditions de La Princesse de Clèves. Par ailleurs, des versions numériques gratuites de cette œuvre sont disponibles sur la Toile, dont celle diffusée par la Bibliothèque électronique du Québec (BéQ).

Image

Madame de Lafayette. - La Princesse de Clèves. - Illustrations en couleurs par Serge de Solomko. - Paris: Librairie des amateurs, 1925. - Vue 223, page 207. - Source Gallica / Bibliothèque nationale de France (BnF), mise en ligne le 3 avril 2017.